Mythologie romaine

Mars

Mars — illustration, mythologie

Mars est le dieu romain de la guerre, mais aussi protecteur de l'agriculture et gardien de Rome, et le père de Romulus, fondateur de la Ville.

Mars est le dieu romain de la guerre, deuxième divinité du panthéon romain après Jupiter. Il règne aussi sur l’agriculture et la protection de Rome, et passe pour le père de Romulus et Rémus, les fondateurs de la Ville. Les Romains le révéraient comme nul autre dieu guerrier, à l’opposé du sanguinaire méprisé qu’était son cousin grec Arès.

Qui est Mars ?

Mars (en latin Mars, génitif Martis) compte parmi les divinités les plus vénérées de Rome. Fils de Jupiter et de Junon, il occupe une place de premier rang dans la religion romaine : avec Jupiter et Quirinus, il formait la plus ancienne triade de la cité. Aucun dieu guerrier n’a été plus respecté par les Romains.

Mars n’est pas seulement un dieu de la bataille. Divinité agraire aux origines anciennes, protecteur des champs et des troupeaux, il veille sur la fertilité de la terre autant que sur les armées en campagne. Il est aussi le gardien de Rome et le père de sa lignée fondatrice. Cette double fonction, guerrière et nourricière, et ce rôle d’ancêtre national le distinguent de son équivalent grec, Arès.

Les Romains lui prêtaient de nombreuses fonctions, reflétées par ses épithètes : Mars Gradivus, celui qui marche au combat ; Mars Ultor, le vengeur, honoré par Auguste ; Mars Pater ou Marspiter, le père vénérable ; ou encore Mars Silvanus, protecteur des champs et des bois. Cette diversité montre sa présence dans toute la vie romaine, des rites paysans aux campagnes des légions.

Mars, père de Romulus et Rémus

Le mythe le plus important de Mars est aussi le mythe fondateur de Rome. Rhéa Silvia, fille du roi déchu Numitor d’Albe-la-Longue, avait été contrainte de devenir vestale et de garder la virginité, afin qu’elle n’enfante aucun héritier rival. Mars s’unit pourtant à elle, et la jeune femme mit au monde des jumeaux : Romulus et Rémus.

Abandonnés sur le Tibre par ordre du roi usurpateur, les nourrissons furent recueillis et allaités par une louve, animal consacré à Mars, puis élevés par un berger. Devenus adultes, ils renversèrent l’usurpateur et fondèrent une ville sur le Palatin. De cette fondation, en 753 av. J.-C. selon la tradition, naquit Rome.

Par son fils Romulus, Mars est donc l’ancêtre du peuple romain. Cette filiation divine pesait lourd : les Grecs méprisaient Arès, brute violente et lâche, tandis que les Romains révéraient Mars comme un aïeul glorieux et le second protecteur de leur cité. Honorer Mars, c’était honorer l’origine même de Rome.

Mars contre Arès : une différence majeure

On présente souvent Mars comme le simple équivalent romain d’Arès. C’est une erreur de perspective. Les Romains ont bien identifié leur dieu à la divinité grecque de la guerre, mais les deux figures diffèrent nettement par leur statut et leur image.

Dans la mythologie grecque, Arès incarne la fureur aveugle et le carnage du champ de bataille. Méprisé des autres dieux, parfois ridiculisé, c’est une divinité que l’on craint sans l’aimer. Mars, lui, est honoré et respecté, garant de la valeur militaire (la virtus) et de la discipline qui ont fait la grandeur de Rome. Quand Arès symbolise la violence stérile, Mars associe la guerre à la fondation, à la protection et à la fécondité de la terre. C’est l’un des dieux les plus dignes du panthéon romain.

Attributs et symboles de Mars

L’iconographie représente Mars en guerrier viril et puissant, casqué et cuirassé, souvent en armes. Ses symboles les plus marquants :

  • La lance : son attribut premier. Les lances sacrées conservées dans la Regia, disait-on, vibraient d’elles-mêmes pour annoncer la guerre.
  • Le bouclier sacré : l’ancile, bouclier tombé du ciel, gage de la pérennité de Rome, gardé avec onze copies par ses prêtres.
  • Le casque et la cuirasse : signes de sa fonction guerrière et de la valeur militaire.
  • La louve : animal qui lui est consacré, nourricière de Romulus et Rémus.
  • Le loup, le pivert et le sanglier : animaux liés à son culte, notamment lors du rite du ver sacrum.

Domaines et pouvoirs

L’autorité de Mars s’étend bien au-delà du seul champ de bataille :

  • La guerre et la victoire : il protège les légions, garantit la virtus et accorde le triomphe aux armées romaines.
  • L’agriculture et la fertilité : divinité agraire ancienne, il défend les champs, les troupeaux et les récoltes contre les fléaux.
  • La protection de Rome : gardien de la cité, il veille sur ses frontières et sur la sécurité de l’État.
  • La jeunesse en armes : il préside au passage des jeunes Romains à la vie militaire et civique.

Le culte de Mars à Rome

Peu de dieux ont laissé une empreinte aussi forte dans la topographie et le calendrier de Rome. Le Champ de Mars (Campus Martius), vaste plaine au bord du Tibre, lui était consacré : les armées s’y rassemblaient, les jeunes gens s’y entraînaient et les citoyens y votaient. C’était l’espace où la cité se faisait militaire.

Son sacerdoce le plus spectaculaire était celui des Saliens (Salii), collège de douze prêtres patriciens. Chaque mois de mars, ils parcouraient la ville en dansant et en frappant de leur lance les boucliers sacrés (ancilia), entonnant l’archaïque Carmen Saliare pour ouvrir la saison guerrière. En octobre, d’autres rites refermaient le cycle militaire de l’année.

Mars a aussi marqué le calendrier : le mois de mars (Martius) porte son nom et ouvrait l’année romaine primitive, saison où l’on reprenait à la fois les travaux des champs et les armes. Sous Auguste, le temple de Mars Ultor, le Vengeur, devint le cœur du Forum d’Auguste et célébrait la vengeance du meurtre de César.

Mars dans la culture

Mars a donné son nom à la quatrième planète du système solaire, la « planète rouge », dont la couleur évoque le sang et le fer associés au dieu, ainsi qu’au mardi (dies Martis, le jour de Mars). L’adjectif « martial », qui qualifie tout ce qui touche à la guerre et à l’armée, en dérive directement.

Virgile le chante dans l’Énéide comme protecteur de la lignée troyenne et romaine, Ovide le célèbre dans les Fastes et Tite-Live le place au seuil de l’histoire de Rome. Il inspire encore la peinture, la sculpture, la littérature et les jeux vidéo, où il incarne le plus souvent la force guerrière. Son nom reste synonyme de combat et de puissance militaire.

Sources et références

  • Tite-Live, Histoire romaine, livre I (Rhéa Silvia, Romulus et Rémus, fondation de Rome).
  • Ovide, Fastes (le mois de Mars, les Saliens, les rites du dieu).
  • Virgile, Énéide (Mars protecteur de la lignée romaine).
  • Plutarque, Vie de Romulus (naissance des jumeaux et culte de la louve).
  • Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines (origines religieuses et culte de Mars).

Voir aussi : Arès, son équivalent grec, et Zeus, roi des dieux.

Questions fréquentes

Mars est-il le dieu de la guerre ?

Oui, Mars est le principal dieu romain de la guerre, deuxième divinité du panthéon après Jupiter. Mais il est aussi un dieu agraire, protecteur des champs, et le gardien de Rome.

Quelle est la différence entre Mars et Arès ?

Arès, le dieu grec, incarne la violence brutale et reste méprisé des autres dieux. Mars, lui, est honoré et respecté : il garantit la valeur militaire et la protection de Rome, et passe pour l'ancêtre du peuple romain.

Pourquoi Mars est-il le père des Romains ?

Mars s'unit à la vestale Rhéa Silvia, qui mit au monde Romulus et Rémus. Romulus fonda Rome, ce qui fait de Mars l'ancêtre divin du peuple romain.

Le mois de mars vient-il du dieu Mars ?

Oui. Le mois de mars (en latin Martius) doit son nom au dieu et ouvrait l'année romaine primitive, saison où l'on reprenait les travaux des champs et les armes.