Dionysos

Dionysos est le dieu grec du vin, de la vigne, de la fête, du théâtre et de l'extase mystique, fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, dieu né deux fois.
Dionysos est le dieu grec du vin, de la vigne, de l’ivresse, de l’extase et du théâtre. Fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, il est l’un des douze dieux de l’Olympe, mais le seul né d’une mère humaine et le seul dit « né deux fois ». Son équivalent romain est Bacchus.
Qui est Dionysos ?
Dionysos (en grec ancien Διόνυσος) règne sur le vin et sur les états qu’il provoque : la joie, l’oubli des peines, mais aussi le délire et la possession. Les Grecs nommaient mania cette folie sacrée par laquelle le dieu dépossède ses fidèles d’eux-mêmes. Le même don peut donc libérer ou détruire : le vin réjouit qui l’honore et égare qui en abuse, et Dionysos châtie durement les cités qui refusent son culte.
Les Anciens le tenaient pour un dieu venu de l’extérieur, arrivé de Thrace ou d’Asie, qui devait imposer son culte de ville en ville avec un cortège bruyant. Cette image d’un « dieu étranger » est pourtant fausse : son nom apparaît dès l’époque mycénienne sous la forme di-wo-nu-so sur des tablettes en linéaire B, à Pylos et à Cnossos, vers le XIIIe siècle av. J.-C. Dionysos est donc l’un des plus anciens dieux grecs attestés, et non un intrus tardif.
La naissance de Dionysos, le dieu « né deux fois »
Zeus aime Sémélé, princesse de Thèbes et fille du roi Cadmos, qui attend un enfant de lui. Héra, son épouse, découvre la liaison et prépare sa vengeance.
Déguisée en vieille nourrice, Héra pousse Sémélé à douter de son amant : est-il bien le roi des dieux ? Sémélé arrache alors à Zeus la promesse de lui accorder n’importe quel vœu, puis exige de le voir dans toute sa gloire. Tenu par son serment, Zeus se montre environné de sa foudre, et l’éclat du dieu foudroie aussitôt la mortelle.
Zeus sauve l’enfant qu’elle porte : il recueille le fœtus et le coud dans sa cuisse, où il achève sa gestation. Le terme venu, Dionysos sort de la cuisse de son père. Cette double venue au monde — du ventre de Sémélé, puis de la cuisse de Zeus — lui vaut son surnom de dieu « né deux fois ».
La tradition orphique raconte une autre naissance. Sous le nom de Zagreus, Dionysos est d’abord le fils de Zeus et de Perséphone ; les Titans l’attirent, le mettent en pièces et le dévorent. De ses restes, le dieu renaît. Ce thème de la mort et du retour à la vie nourrit les mystères dionysiaques, qui promettaient à leurs initiés un sort meilleur après la mort.
Le thiase : le cortège de Dionysos
Dionysos se déplace avec une troupe dansante et ivre, le thiase, qui le suit en chantant. Ce cortège résume sa fonction : brouiller les limites entre l’humain, l’animal et le divin.
- Les ménades, ou bacchantes : des femmes saisies par le délire sacré, qui courent les montagnes vêtues de peaux de bête, dotées d’une force inhumaine.
- Les satyres : créatures mi-hommes mi-boucs, liées aux pulsions et à la nature sauvage.
- Silène : le plus vieux compagnon du dieu, satyre ventru et toujours ivre, monté sur son âne, mais réputé sage.
Attributs et symboles de Dionysos
L’art archaïque représente Dionysos en homme barbu et majestueux ; l’art classique en fait un jeune homme sensuel couronné de pampres. Ses attributs :
- Le thyrse : un bâton surmonté d’une pomme de pin et entouré de lierre, porté par le dieu et ses fidèles.
- La vigne et le lierre : plantes qui lui sont consacrées et dont il ceint son front.
- Le canthare : la coupe à boire qu’il tient souvent, signe de l’ivresse.
- La panthère : félin qui l’accompagne ou tire son char, marque de sa puissance sauvage.
Domaines et pouvoirs
Les pouvoirs de Dionysos relèvent tous du franchissement des limites :
- Le vin et la viticulture : il aurait enseigné aux hommes la culture de la vigne et la fabrication du vin.
- L’ivresse et l’extase : il procure la joie comme le délire et la possession.
- Le théâtre et la fête : il préside aux célébrations collectives et à l’art dramatique.
- Les mystères : dieu mort et revenu à la vie, il promet à ses initiés une forme de salut.
Les grands mythes de Dionysos
L’introduction de la vigne et le don du vin
Adulte, Dionysos parcourt le monde, de la Grèce jusqu’à l’Inde, pour répandre la vigne. À Athènes, il enseigne l’art du vin à Icarios, un homme qui l’a accueilli. Icarios offre la boisson à des bergers ; croyant avoir été empoisonnés, ceux-ci le tuent. Sa fille Érigone se pend de douleur, et le dieu frappe Athènes d’un fléau. Le don du vin porte déjà sa part de danger.
Le châtiment de Penthée et les Bacchantes
Le mythe le plus célèbre, porté à la scène par Euripide dans Les Bacchantes, met en scène le retour de Dionysos à Thèbes. Le jeune roi Penthée refuse de reconnaître sa divinité et veut interdire son culte. Le dieu l’attire sur le mont Cithéron, où les femmes de la cité, devenues ménades, célèbrent leurs rites. Prises de fureur, elles prennent Penthée pour une bête et le déchirent ; sa propre mère, Agavé, brandit la tête de son fils sans la reconnaître.
Les pirates tyrrhéniens changés en dauphins
Selon l’Hymne homérique à Dionysos, des pirates capturent le jeune dieu, qu’ils prennent pour un prince à rançonner. Dionysos déchaîne ses prodiges : une vigne envahit le navire, du vin coule sur le pont, des fauves surgissent. Terrifiés, les marins sautent à la mer et se changent en dauphins. Seul le pilote, qui avait reconnu le dieu, est épargné.
Ariane abandonnée et couronnée
Abandonnée par Thésée sur l’île de Naxos, la princesse Ariane est recueillie par Dionysos, qui l’épouse. Il place sa couronne parmi les étoiles, où elle forme la constellation de la Couronne boréale.
Dionysos, le théâtre et l’Olympe
À Athènes, le culte de Dionysos a donné naissance au théâtre. Les fêtes données en son honneur, les Grandes Dionysies, comprenaient des concours où l’on jouait des tragédies et des comédies devant la cité. La tragédie est née des chants d’un chœur, le dithyrambe, exécuté pour le dieu ; Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane composèrent leurs pièces pour ces concours.
Dionysos est le dernier dieu admis sur l’Olympe. Selon une tradition tardive, Hestia, déesse du foyer, lui céda son siège parmi les douze grands dieux. Enfant d’une mortelle, il a dû conquérir sa place divine.
Sous son nom romain de Bacchus, aussi appelé Liber, le dieu a laissé les mots bacchanale et bachique. Nietzsche a repris son nom pour opposer le « dionysiaque », force d’ivresse et de débordement, à la mesure « apollinienne ».
Sources et références
- Euripide, Les Bacchantes (retour de Dionysos à Thèbes et châtiment de Penthée).
- Hymnes homériques (Hymne à Dionysos : épisode des pirates tyrrhéniens).
- Hésiode, Théogonie, v. 940-942 (Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, fille de Cadmos).
- Ovide, Métamorphoses (mort de Sémélé ; pirates changés en dauphins).
- Apollodore, Bibliothèque (naissance, enfance ; Icarios et Érigone).
Questions fréquentes
Qui est Dionysos dans la mythologie grecque ?
Dionysos est le dieu grec du vin, de la vigne, de la fête, du théâtre et de l'extase. Comptant parmi les douze Olympiens, il libère les passions et brouille les frontières entre l'homme et la bête, le mortel et le divin. Son équivalent romain est Bacchus.
Pourquoi Dionysos est-il appelé le dieu né deux fois ?
Dionysos naît d'abord de la mortelle Sémélé, foudroyée par la gloire de Zeus avant le terme. Zeus sauve le fœtus et le coud dans sa cuisse, où il achève sa gestation. Né une première fois du ventre de sa mère puis une seconde de la cuisse de son père, il est dit né deux fois.
Qui sont les parents de Dionysos ?
Dionysos est le fils du dieu Zeus et de Sémélé, une princesse mortelle de Thèbes, fille du roi Cadmos. Cette ascendance mi-divine, mi-humaine fait de lui un Olympien à part, admis tardivement parmi les grands dieux.
Qu'est-ce que le thiase, le cortège de Dionysos ?
Le thiase est la troupe joyeuse et tumultueuse qui accompagne Dionysos. Il rassemble les ménades ou bacchantes, femmes prises de délire sacré, les satyres mi-hommes mi-boucs, et le vieux Silène, satyre ivre et sage. Ce cortège incarne l'esprit de débordement du dieu.
Quel est le lien entre Dionysos et le théâtre ?
Le théâtre grec est né du culte de Dionysos. Lors des Dionysies, grandes fêtes athéniennes en son honneur, se tenaient des concours de tragédies et de comédies issus des chants du dithyrambe. Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane composèrent pour ces célébrations.