Mythologie grecque

Perséphone

Perséphone — illustration, mythologie

Perséphone est la déesse grecque du printemps et la reine des Enfers, fille de Déméter et de Zeus, enlevée par Hadès, dont le retour annuel explique les saisons.

Perséphone est la déesse grecque qui règne sur les Enfers aux côtés d’Hadès et que sa mère Déméter ramène chaque année à la lumière. Fille de Déméter et de Zeus, elle porte deux noms pour deux existences : Korè, « la jeune fille » liée au printemps et à la végétation, et Perséphone, souveraine des morts. Son rapt par Hadès et le partage de l’année qui s’ensuit expliquent le retour des saisons et fondent les Mystères d’Éleusis.

Qui est Perséphone ?

Perséphone (en grec ancien Περσεφόνη) est à la fois la déesse de la végétation renaissante et la reine des Enfers. Avant son enlèvement, on l’appelait Korè (Κόρη), « la jeune fille ». Ce nom n’est pas qu’un surnom d’enfance : comme pour Hadès, les Grecs craignaient de prononcer son vrai nom et lui préféraient des appellations détournées. Korè désigne la déesse du côté du jour, auprès de sa mère ; Perséphone, celle qui siège dans l’ombre.

Elle est fille de Déméter, déesse des moissons, et de Zeus (Hésiode, Théogonie, v. 912-914). Sa double nature en fait une divinité de passage entre la vie et la mort : la jeune fille des prés fleuris et l’épouse grave qui partage le trône des morts. Les Romains l’ont identifiée à Proserpine.

L’enlèvement de Perséphone par Hadès

Le mythe central de Perséphone est son rapt, raconté dans l’Hymne homérique à Déméter. Korè cueille des fleurs dans une prairie avec ses compagnes lorsqu’un narcisse d’une beauté inhabituelle attire son regard, piège tendu par Gaïa avec l’accord de Zeus.

Dès qu’elle saisit la fleur, la terre s’ouvre. Hadès surgit sur son char tiré par des chevaux immortels et l’emporte dans son royaume. Zeus, père de Korè, avait approuvé en secret cet enlèvement : il accordait sa fille pour épouse à son frère sans prévenir la mère.

Les cris de la jeune fille se perdent dans les montagnes. Seules Hécate, depuis sa grotte, et Hélios, le Soleil qui voit tout, perçoivent la scène. Korè disparaît sous terre, arrachée au jour pour devenir reine des morts.

Le deuil de Déméter et la naissance des saisons

La disparition de sa fille jette Déméter dans le désespoir. Neuf jours durant, une torche à chaque main, elle parcourt la terre sans boire ni manger. Le dixième jour, Hécate la rejoint, puis Hélios lui révèle la vérité : Hadès détient Korè, avec l’assentiment de Zeus.

Déméter quitte alors l’Olympe et frappe la terre de stérilité. Rien ne pousse, les semences meurent, la famine menace les hommes, qui ne peuvent plus offrir de sacrifices aux dieux. Pour rouvrir le flux des offrandes, Zeus cède et envoie Hermès aux Enfers chercher Perséphone.

Les grains de grenade et le partage de l’année

Avant de la laisser partir, Hadès agit avec calcul. Il fait manger à Perséphone quelques grains de grenade, nourriture du monde souterrain. Quiconque a goûté à cette nourriture ne peut plus s’en délier : par ces pépins, Perséphone reste attachée au royaume des morts.

De là vient un partage. Perséphone passe le tiers de l’année auprès d’Hadès, en reine des Enfers, et les deux autres tiers auprès de Déméter, sur la terre des vivants. Vue de son côté, la grenade ne fait pas d’elle une simple victime : elle devient l’épouse souveraine d’un dieu et la seule divinité à circuler librement entre les deux mondes.

Ce partage fonde le mythe des saisons. Quand Perséphone descend chez les morts, Déméter en deuil laisse la nature se faner ; quand sa fille remonte, la déesse fait reverdir les champs. Le retour de Korè coïncide avec celui du printemps.

Attributs et symboles de Perséphone

L’iconographie de Perséphone traduit ses deux fonctions, partagée entre la jeune fille fleurie et la reine du monde souterrain. Ses principaux attributs :

  • La grenade : le fruit qui scelle son lien aux Enfers et résume son mythe.
  • Les épis de blé et les fleurs : signes de sa fonction de déesse de la végétation, héritée de Déméter.
  • Le sceptre et le trône : marques de sa royauté sur les morts, qu’elle partage avec Hadès.
  • La torche : la lumière dans les ténèbres, associée aussi à Déméter en quête de sa fille.
  • Le narcisse : la fleur qui causa son enlèvement.

Perséphone, reine des Enfers

Dans le monde souterrain, Perséphone n’est pas une captive : elle exerce une autorité réelle. Plusieurs mythes la montrent en souveraine qui décide du sort des âmes et des héros descendus chez les morts.

C’est elle qui reçoit Orphée venu réclamer son épouse Eurydice ; touchée par son chant, elle accepte de la laisser repartir. Dans le mythe d’Adonis, en revanche, elle tient bon : chargée de garder l’enfant qu’Aphrodite lui a confié, elle refuse ensuite de le rendre, et il faut l’arbitrage de Zeus pour partager l’année du jeune homme entre les deux déesses (Apollodore, Bibliothèque). Quand Pirithoos, accompagné de Thésée, descend aux Enfers pour l’enlever, elle le retient prisonnier sur le siège de l’oubli. La frêle Korè a disparu : ici, Perséphone gouverne son domaine sans faiblir.

Les Mystères d’Éleusis et la culture

Le mythe de Perséphone et de Déméter est au cœur des Mystères d’Éleusis, les rites initiatiques les plus secrets de la Grèce antique, célébrés près d’Athènes pendant des siècles. En rejouant la perte, la quête et les retrouvailles, ces cérémonies offraient aux initiés une espérance face à la mort : comme Perséphone revient chaque année du royaume d’Hadès, l’âme pouvait attendre un meilleur sort dans l’au-delà.

Une tradition parallèle, celle des orphiques, prête à Perséphone un autre rôle : unie à Zeus, elle enfante Zagreus, identifié à un Dionysos primordial. L’origine de son nom reste incertaine : sans doute pré-grecque, elle a poussé les Grecs eux-mêmes à proposer des explications fantaisistes. Sous son nom romain de Proserpine, la déesse a nourri la poésie et la sculpture occidentales, dont le célèbre groupe du Bernin.

Sources et références

  • Hymne homérique à Déméter (récit de l’enlèvement et du deuil de Déméter).
  • Hésiode, Théogonie (généalogie de Perséphone et union avec Hadès).
  • Apollodore, Bibliothèque (mythes et descentes aux Enfers).
  • Ovide, Métamorphoses, livre V (le rapt de Proserpine).
  • Ovide, Fastes, livre IV (la quête de Cérès et le cycle des saisons).

Questions fréquentes

Qui est Perséphone dans la mythologie grecque ?

Perséphone est la déesse grecque du renouveau printanier et la reine des Enfers. Fille de Déméter et de Zeus, on l'appelait Coré avant son enlèvement par Hadès. Sa double nature en fait à la fois la douce jeune fille du printemps et la souveraine des morts.

Pourquoi Perséphone a-t-elle été enlevée par Hadès ?

Hadès, dieu des morts, désirait Perséphone pour épouse. Avec l'accord secret de Zeus, il la fit attirer par un narcisse, puis surgit de la terre sur son char pour l'emporter de force dans son royaume souterrain, sans en avertir sa mère Déméter.

Pourquoi Perséphone est-elle liée au mythe des saisons ?

Aux Enfers, Perséphone mangea des grains de grenade, ce qui la lia pour toujours au monde des morts. Elle doit donc y passer une partie de l'année. Quand elle descend, Déméter en deuil rend la terre stérile : c'est l'hiver ; quand elle remonte, le printemps revient.

Que symbolisent les grains de grenade de Perséphone ?

La grenade est le fruit du monde souterrain. En en consommant les grains, Perséphone se trouva irrémédiablement liée au royaume d'Hadès, car quiconque goûte à la nourriture des morts ne peut plus le quitter entièrement. C'est l'emblème de son mythe.

Quel est l'équivalent romain de Perséphone ?

L'équivalent romain de Perséphone est Proserpine, fille de Cérès et reine des Enfers dans la mythologie romaine. Les deux déesses partagent le même mythe de l'enlèvement et du cycle annuel à l'origine des saisons.