Mythologie grecque

Arès

Arès — illustration, mythologie grecque

Arès est le dieu grec de la guerre, incarnant la violence brutale et le chaos du combat, fils de Zeus et d'Héra, méprisé des dieux comme des hommes.

Arès est le dieu grec de la guerre dans sa forme la plus brutale : la violence du corps à corps, le sang et le tumulte des armes. Fils de Zeus et d’Héra, il fait partie des douze Olympiens, mais c’est le plus détesté du panthéon, méprisé des dieux comme des hommes. Amant d’Aphrodite et escorté de la Peur et de la Terreur, il occupe dans la mythologie grecque une place que les Grecs eux-mêmes jugeaient peu enviable.

Qui est Arès ?

Arès (en grec ancien Ἄρης) personnifie la guerre sauvage : la fureur du combat, l’effusion de sang et le fracas des armes. Il siège parmi les douze grandes divinités de l’Olympe, mais sa nature le tient à l’écart des autres dieux.

On le comprend mieux par opposition à Athéna. La déesse à la chouette incarne la guerre maîtrisée : la stratégie, la discipline, la victoire obtenue par l’intelligence. Arès, lui, c’est la mêlée aveugle, le massacre et la force déchaînée. Il ne combat ni pour la justice ni pour une gloire mesurée, mais pour la bataille elle-même. Cette opposition structure une bonne partie des récits où il apparaît, et elle tourne presque toujours à son désavantage. Son équivalent dans la mythologie romaine est Mars.

La naissance et la famille d’Arès

Arès est le fils légitime de Zeus, roi des dieux, et de son épouse Héra, reine de l’Olympe. Il compte ainsi parmi les rares Olympiens nés du couple souverain, avec Héphaïstos et Hébé.

Cette filiation ne lui vaut aucune faveur. Au chant V de l’Iliade, Zeus s’adresse à son fils sans détour : il le déclare le plus odieux de tous les dieux de l’Olympe et lui reproche son goût des querelles, des guerres et des combats. Arès grandit donc sous le regard d’un père qui le rejette et d’une cour divine qui le tolère plus qu’elle ne l’estime.

De ses unions naît une descendance souvent marquée par la violence. Avec Aphrodite, il engendre Phobos et Deimos, ainsi qu’Harmonie, selon la Théogonie d’Hésiode. On lui prête aussi la paternité de plusieurs guerriers redoutables, et les Amazones étaient réputées descendre de lui.

Un dieu mal-aimé des dieux et des hommes

Peu de divinités grecques sont aussi décriées qu’Arès. Contrairement à Zeus le souverain ou à Athéna la protectrice, il n’inspire ni respect ni gratitude. Les Grecs voyaient en lui une force nécessaire mais haïssable : celle qui détruit sans rien bâtir.

Ce rejet se lit dans ses défaites. Dans l’Iliade, Arès combat aux côtés des Troyens et se fait humilier à plusieurs reprises. Blessé par le héros Diomède, guidé par Athéna, il pousse un cri énorme et s’enfuit vers l’Olympe pour se plaindre à Zeus, qui l’accueille avec dédain. Plus loin, Athéna l’abat elle-même d’un jet de pierre. La fureur brute cède chaque fois devant l’intelligence stratégique.

Ce mépris se reflète dans le culte. Arès n’a jamais été beaucoup vénéré en Grèce. Ses principaux foyers de culte se trouvaient en Thrace, région que les Grecs associaient à la guerre et tenaient pour le pays d’origine du dieu, et à Sparte, cité militaire où on lui sacrifiait des chiens. Ailleurs, son culte restait marginal.

Attributs et symboles d’Arès

L’iconographie fait d’Arès un guerrier dans la force de l’âge, casqué et armé. Ses symboles principaux :

  • Le casque, souvent à panache, emblème du combattant prêt à la mêlée.
  • La lance, son arme de prédilection.
  • Le bouclier, attribut indissociable du dieu en armes.
  • Le vautour, oiseau des champs de bataille, lié à la mort et aux dépouilles.
  • Le chien, animal qui lui est consacré et qu’on lui sacrifiait à Sparte.

Les compagnons d’Arès : Phobos et Deimos

Arès ne combat jamais seul. Il est escorté de divinités mineures qui sont autant de visages de la guerre, à commencer par ses fils nés d’Aphrodite :

  • Phobos, la Peur, qui sème la panique chez les combattants.
  • Deimos, la Terreur, qui répand l’épouvante sur le champ de bataille.

À ce cortège se joignent d’autres figures de la violence guerrière, comme Éris, la Discorde, et Ényo, déesse du carnage. Associer ainsi la guerre à la peur et à la terreur dit l’essentiel de la vision grecque d’Arès : une puissance qui détruit au lieu de libérer.

Arès et Aphrodite, les amants surpris

Le mythe le plus connu d’Arès n’est pas un fait d’armes mais une affaire d’adultère. Le dieu de la guerre est l’amant d’Aphrodite, déesse de l’amour, alors mariée au forgeron boiteux Héphaïstos.

Averti de la liaison par Hélios, le Soleil qui voit tout, Héphaïstos se venge par la ruse. Il forge un filet aux mailles aussi fines qu’invisibles et impossibles à briser, qu’il tend au-dessus de son lit. Quand les deux amants s’y retrouvent, le piège se referme : Arès et Aphrodite restent emprisonnés, exposés à la moquerie des dieux convoqués par le mari. L’épisode, raconté au chant VIII de l’Odyssée, est l’un des rares moments où la mythologie grecque rit franchement d’Arès, vaincu non par la force mais par l’ingéniosité d’un mari trompé.

Arès prisonnier des Aloades

Un autre récit de l’Iliade montre Arès en mauvaise posture. Les Aloades, les géants jumeaux Otos et Éphialtès, parviennent à le capturer et l’enferment treize mois durant dans une jarre de bronze. Le dieu de la guerre, réduit à l’impuissance, manque d’y périr. Il doit son salut à Hermès, qui le tire à demi mort de sa prison. Dioné rapporte l’épisode au chant V du poème, parmi les humiliations que des mortels ont infligées aux dieux.

Arès et l’Aréopage d’Athènes

Arès est lié à l’une des collines d’Athènes, l’Aréopage, dont le nom signifie « rocher d’Arès ». Selon Apollodore, Halirrhothios, fils de Poséidon, avait agressé Alcippé, fille d’Arès ; le dieu le tua pour la venger. Poséidon traîna Arès en justice, et les douze dieux le jugèrent sur cette colline. Ils l’acquittèrent. La tradition fait de ce procès le premier jamais tenu pour meurtre, et c’est de là que la colline tira son nom.

Arès et son équivalent romain Mars

Le contraste le plus net autour d’Arès n’est pas mythologique mais culturel : celui qui le sépare de son homologue romain, Mars. Les Romains ont identifié les deux dieux, mais leur statut était opposé.

Pour les Grecs, Arès est une divinité déconsidérée, dont on redoute la fureur sans la vénérer. Pour les Romains, Mars est un dieu majeur et honoré : père légendaire de Romulus et Remus, fondateurs de Rome, il protège la cité et ses armées. On lui consacre un mois, martius (notre mois de mars), de grands temples et de nombreuses fêtes. Là où Arès incarnait le chaos honni de la guerre, Mars représentait la force ordonnée d’un peuple conquérant : même fonction, jugement inverse.

Sources et références

  • Homère, Iliade, chant V (Arès blessé par Diomède ; mépris de Zeus ; les Aloades rapportés par Dioné).
  • Homère, Odyssée, chant VIII (les amours d’Arès et d’Aphrodite, le filet d’Héphaïstos).
  • Hésiode, Théogonie (filiation d’Arès ; Phobos, Deimos et Harmonie).
  • Apollodore, Bibliothèque (généalogies ; meurtre d’Halirrhothios et procès de l’Aréopage).

Questions fréquentes

Qui est Arès dans la mythologie grecque ?

Arès est le dieu grec de la guerre, mais il en incarne la dimension la plus brutale : la violence, le carnage et le chaos du combat. Il compte parmi les douze Olympiens, tout en étant le plus mal-aimé des dieux.

Quelle est la différence entre Arès et Athéna ?

Arès incarne la guerre brute : la fureur, le sang et le tumulte de la mêlée. Athéna représente au contraire la guerre réfléchie, faite de stratégie et de discipline. Dans les mythes, l'intelligence d'Athéna l'emporte sur la violence d'Arès.

Qui sont les parents d'Arès ?

Arès est le fils de Zeus, roi des dieux, et de son épouse Héra, reine de l'Olympe. Malgré cette filiation prestigieuse, Zeus le méprise ouvertement dans l'Iliade, le qualifiant du plus odieux des dieux.

Pourquoi Arès et Aphrodite ont-ils été humiliés ?

Arès était l'amant d'Aphrodite, mariée à Héphaïstos. Prévenu par Hélios, le forgeron façonna un filet invisible qui emprisonna les amants dans le lit, puis convoqua les dieux pour exposer leur adultère.

Quel est l'équivalent romain d'Arès ?

L'équivalent romain d'Arès est Mars. Contrairement à Arès, méprisé des Grecs, Mars était très honoré à Rome : père de Romulus et Remus, il protégeait la cité et ses armées, et donna son nom au mois de mars.